L’année passée, nous avons interviewé Luis Venegas, créateur de magazine, pour L’imparfaite #1. À l’époque, il venait de publier le premier numéro de son nouveau magazine sur tout ce qui est transgenre, Candy. Il est de retour avec un Candy #2…au même moment que nous nous apprêtons à sortir ; quel timing!
Un strip de Bastien Vives, auteur notamment de l’excellent Le goût du Chlore. Pour aller voir son site, c’est ici.


C’est l’été, l’occasion de ne rien faire sur sa chaise longue. Et, en bronzant, banchez-vous sur les sons d’Arte Radio, intimes, érotiques, touchants. Une petite sélection, la suite sur leur site.
Blue - An Erotic Life from Tibo Charroppin on Vimeo.
Vu sur Fluctuat.

Too Much Pussy! Feminist Sluts, a Queer X Show, le nouveau film d’Emilie Jouvet (One Night Stand) est un documentaire explicite sur les folles aventures de 7 jeunes artistes performeuses , réunies le temps d’une tournée épique , qui ont traversé l’Europe en van pendant l’été 2009, foulé les scènes cosmopolites des boîtes de nuits branchées parisiennes , en passant par les squats queers underground berlinois et les théâtres prestigieux de Paris, Berlin, Stockholm, Copenhague…
Jeunes femmes militantes, artistes, écrivaines, musiciennes, sex workers, pornostars.
Heterosexuelles, Lesbiennes, Bisexuelles.Queers.
Pin-up vintages , Punkettes, Teenagers, Androgynes, Femmes Fatales, Girls next door …
Elles viennent d’Europe et d’Amérique. Leurs (dés)orientations sexuelles et expressions de genre sont diverses et multiples.
Nées de la révolution féministe pro-sexe initiée dans les années 80 par Annie Sprinkle, Candida Royalle, Carol Queen, ces jeunes femmes assument leur goût pour la sexualité, jouent librement avec les genres et réinventent sur scène de nouvelles représentations du désir et de la jouissance.
Le film documente leur tournée, les expériences marquantes que les 7 filles ont traversées, les croisements dans leur spectacle et dans leurs vies entre la pornographie et l’art, la performance et la réalité, le privé et le politique.
La camera d’Emilie a tout filmé, des connections intimes qui se sont développées entre les filles, aux inévitables tensions dues à l’épuisement de la route, des rencontres amicales et sexuelles avec les habitant-e-s des villes traversées, aux réflexions politiques et artistiques développées par les performeuses.
Emilie Jouvet, Wendy Delorme, Judy Minx, Madison Young, Sadie Lune, Mad Kate and DJ Metzgerei vous offrent une parenthèse de liberté, un manifeste féministe sex-positif.
C’est ce soir, 20h, 17 bd de Strasbourg - 75010 PARIS et pas ailleurs!
Plus d’informations sur l’event facebook ou le site d’Emilie Jouvet.
Comment de jeunes Américaines, blogueuses délurées, en viennent à prôner l’abstinence. (Slate.fr)
Hors du petit monde de l’Ivy League, Lena Chen, étudiante en licence à Harvard, est surtout connue pour les photos salaces très populaires qu’elle a postées dans ce qui fut, pour le site Gawker, la «pire exhibition de vie privée de tous les temps». Il y a deux ans, le New York Times Magazine la qualifiait de meilleure représentante de la culture de la drague de Harvard. Quand on sait qu’elle se qualifiait elle-même, autrefois, de «nympho au cœur qui saigne», il peut sembler surprenant qu’elle ait organisé et animé une conférence lundi dernier, à Harvard, appelée Rethinking Virginity , “Repenser la virginité”, qui se proposait entre autres d’explorer «ce à quoi devrait ressembler l’avenir de l’abstinence».
Mais pour qui suit Chen depuis la publication de sa photo explicite sur Internet, son rôle d’organisatrice de conférence sur la virginité est parfaitement cohérent. Chen est l’une des ces quelques blogueuses qui déchantent très rapidement après d’indiscrètes révélations juvéniles, et, ces derniers temps, la désenchantée semble bien plus à la page que l’indiscrète. L’ancienne rédactrice en chef de Gawker, Emily Gould (une amie) a écrit des posts émouvants sur les hauts et les bas de sa vie post-séparation il y a quelques années, avant de se raviser et de lancer un blog bien moins personnel où elle parle principalement de recettes et de nourriture.
Image: Marion Lachaise
Le nouveau numéro de GSS (Genre, Sexualité et Société), “Révolution/Libération”, est disponible en ligne.
Dirigé par Massimo Prearo, l’enjeu de ce numéro est de problématiser les notions de “révolution sexuelle” et de “libération sexuelle”, constructions discursives.
Pour cela, la revue explore la construction intiale de ces notions par un retour sur le moment de leur production par les acteurs, le “moment 70”. Se dégage de l’exploration des performances politiques auxquelles ces notions ont donné lieu le fait que: “le moment 70 est défini par l’avènement d’une politique de l’expérience qui vise la prise de parole par des sujets, (…) conduisant à l’émergence de formes de militantisme dissidentes qui, se détachant des cadres traditionnels du militantisme politique, ont ouvert un champ d’action inédit et posé les bases d’une acception politique de la sexualité et, partant, d’une politique de la sexualité.” (Massimo Prearo)
Lancée en juin 2009 par un groupe de jeunes chercheur.e.s en sciences humaines et sociales, la revue Genre, sexualité & société et se revendique comme un espace de dialogues et d’échanges autour des questions de genre et de sexualité.

Cette année, le festival de Cannes a réservé deux surprises de taille: une affiche niaise à souhaits, et une cérémonie parallèlle, la Queer Palm. Après les Teddy Awards, crées en 1987 en parallèlle de la Berlinale, le Queer Lion de Venise (2007), la toute première Queer Palm a été décernée le 23 mai 2010 au film Kaboom de Gregg Araki (Mysterious Skin).
Lancée à l’initiative du journaliste Franck Finance-Madureira, la Queer Palm récompense un film présenté à Cannes, toutes sélections confondues (Sélection officielle, Un Certain Regard, La Semaine de la Critique, La Quinzaine des réalisateurs), “pour sa contribution aux questions lesbiennes, gays, bi ou trans”.
Kaboom, “thriller comique sauvage et irrigué de sexualité” raconte l’histoire de Smith, un freshman de 18 ans qui découvre - croit-il - une conspiration monstrueuse dans une petite ville en apparence idéale au bord de l’eau, en Caroline du Sud. Le héros est bisexuel et sa meilleure amie est lesbienne, et chacun navigue à son gré à travers les sexualités. Le film sortira en France à la rentrée 2010, en attendant, en voici un extrait.
L’interview de l’initiateur du projet et plus de détails sur le site de Yagg
Article de Libération, publié dans l’édition du 26 mai (via le blog de Descoings)
Quarante ans après leur naissance dans les pays anglo-saxons, les études sur le genre débarquent en France. Elles auront désormais pignon sur rue à l’Institut d’études politiques de Paris. Obligatoires pour tous les élèves, et censées les décoiffer.
Ce sont des études d’un nouveau genre. Assumées et ambitieuses. Les gender studies débarquent en France. Et pas n’importe où. La question du «sexe social» (différenciation et hiérarchisation des sexes fondées sur l’excuse du sexe biologique) s’installe dans une chaire créée tout exprès à Sciences-Po Paris. Une innovation. Le projet intitulé Presage (Programme de recherche et d’enseignement des savoirs sur le genre) a été présenté à l’Institut d’études politiques lors d’un déjeuner plutôt classe. Les premiers cours démarrent (1). Ils seront obligatoires dès 2011. Aucun élève ne pourra désormais sortir de la grande école sans avoir entendu à un moment ou à un autre un enseignement sur le genre. «Il n’existe pas de programme de ce type en France», s’est félicité, fourchette à la main, l’économiste Jean-Paul Fitoussi, président de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). La preuve ? «Amartya Sen [prix Nobel d’économie, ndlr] lui-même était étonné de ne pas trouver en France une structure dédiée à une réflexion sur le genre.» Dorénavant, on l’espère, on ne pourra plus ignorer le genre et les rapports de sexe. Emmanuelle Latour, de l’Observatoire de la parité (une institution créée en 1995) approuve la démarche : «Tout le monde n’adhère pas à la lutte des classes, mais tout le monde a étudié Marx à un moment donné.»
Une interview publiée dans Libération

Dans son nouvel essai, la juriste et chercheure au CNRS Marcela Iacub montre comment la liberté d’expression, prônée par le Premier Amendement aux Etats-Unis, est niée lorsque pointe la question de la sexualité.
Et si l’on se disait tout ? Mais alors vraiment tout, qu’on se crache la haine, le désir, l’indifférence, que chacun vive à fond son imaginaire ? La démocratie irait mieux. C’est la théorie libertaire que défend Marcela Iacub, juriste et chercheur au CNRS, dans le vivace essai De la pornographie en Amérique, paru chez Fayard (1).
Iacub est célèbre pour ses prises de position peu correctes contre le féminisme naturaliste et victimaire, en faveur de l’explosion de la famille avec sexualités multiples et adoption par les homosexuels (entre autres). Si le titre de son nouveau livre reprend celui de Tocqueville en remplaçant le terme «démocratie» par «pornographie», c’est qu’elle y montre comment le grand rêve d’une parole totalement libérée, tel que le défend le Premier Amendement américain, s’est échoué sur le traitement juridique infligé à la pornographie.
Le rapport entre pornographie et démocratie était-il au départ de votre livre ?
Non, j’ai voulu comprendre comment, aux Etats-Unis, on jouit d’une liberté de parole aussi puissante, qui rend celle que nous avons en Europe une sorte de sœur pauvre et chétive. J’ai donc analysé les processus institutionnels et les théories juridico-politiques qui avaient été à l’origine de la révolution libertaire de l’expression produite par les juges de la Cour suprême à partir des années 30. Pour valider le nouveau statut que les juges ont donné à la parole, on a dû redéfinir la démocratie elle-même. La représentation, au lieu d’apparaître comme la seule manifestation de la démocratie, est perçue comme un dispositif insuffisant, une sorte d’extorsion de la souveraineté du peuple que la liberté d’expression a comme fonction de rattraper. J’ai été très peinée de constater qu’au moment de la sortie de mon livre en France, on cherchait à condamner cet artiste qui s’est torché avec le drapeau et qu’on s’apprêtait à faire une loi pour condamner les femmes en burqa, sans qu’on trouve inquiétant de multiplier de la sorte les délits d’opinion.
«De la pornographie en Amérique : la liberté d’expression à l’âge de la démocratie délibérative», de Marcela Iacub (éditions Fayard), 300 pp., 20 euros.